
Le Nid des clowns - Kim Cao
À partir du 20 avril, à l’emplacement de l’ancienne mare autrefois entourée de sculptures d’oiseaux aux nez de clowns, l’artiste Kim Cao créera son oeuvre in situ sous la forme d’un nid géant en bambou entrelacé.
Un nid géant pour un renversement poétique du jardin
Ce nid, hors d’échelle, frappe d’emblée par sa taille. Habituellement discret, caché dans les hauteurs, il devient ici monumental, visible, enveloppant. Posé à même le sol, il bouleverse nos repères. Le minuscule devient immense, ce qui était fragile devient architecture. Ce changement d’échelle constitue un véritable renversement poétique, en résonance avec l’univers de Raymond Devos. Il aimait déplacer les codes par de simples glissements : un nez de clown posé sur un oiseau suffi sait à transformer le regard. Ici, le geste est amplifi é. Les nez de clowns, eux aussi surdimensionnés, nichés au coeur de la structure, deviennent des signes éclatants, presque irréels, comme surgis d’un rêve.
En agrandissant le nid jusqu’à le rendre habitable, Kim Cao donne corps à l’imaginaire. La poésie ne se perche plus dans les arbres : elle descend parmi nous et change d’échelle. Elle devient espace. Le tressage patient du bambou compose une structure-refuge aux formes simples et aux trames complexes, où chaque élément se soutient mutuellement. La lumière, le vent et les saisons transforment l’installation au fi l du temps, renforçant l’impression d’un organisme vivant.
Le public pourra assister à la réalisation de l’oeuvre : le site restera ouvert durant toute la phase de création. Voir le nid prendre forme progressivement permettra de comprendre le geste artistique dans sa matérialité et sa dimension spectaculaire.
Des ateliers pédagogiques inviteront également les enfants à fabriquer leurs propres nids, prolongeant le jeu d’échelle : du monumental à la miniature, du collectif à l’intime, de l’oeuvre à la main. Ainsi, le nid surdimensionné devient plus qu’une installation : il est une amplification de l’esprit de Devos, un humour agrandi, une poésie rendue visible, un imaginaire devenu architecture.


